mercredi 27 janvier 2016

Masdar City, une surprise au pays de l'or noir

Des puits de pétrole, je n'en ai pas vu; tout au plus quelques raffineries, au loin… Tout ça est soigneusement gardé, tout intrus repoussé, pas question d'approcher.

Mais Abu Dhabi se targue de penser à un avenir sans pétrole. Pourquoi pas, il est grand temps.
Et depuis 2006 une idée extra-ordinaire germe dans l'esprit des responsables : faire une ville éco-durable loin des projets les plus fous qui naissent encore au centre ville. 

Masdar City incarne la vision pionnière d'une ville du futur dans l'émirat. C'est beau sur le papier, j'étais un peu sceptique après avoir vu beaucoup d'autres projets abandonnés. Eh bien, elle existe! A une quarantaine de kilomètres de la capitale.




Les voitures sont interdites dans cette ville. Nous avons donc laissé la nôtre dans un gigantesque parking pour prendre un PRT (Personal Rapid Transport), des petites voitures (4 places) électriques sans chauffeur!!!




Elles sont "filoguidées", c'est à dire suivent un fil enterré dans le sol qui les guide. On se croirait dans une attraction de Disney, mais c'est sérieux.




Et nous arrivons bien dans la "ville promise" qui combine des techniques d'architecture arabe avec les nouvelles technologies. Et certains des appartements sont déjà habités! Beaucoup d'autres bâtiments sont des laboratoires de recherche ou des bureaux.







Les panneaux solaires sont bien visibles sur les toits.









La ville a été construite autour de la "Tour des Vents" qui diffuse de l'air frais dans les rues et les allées permettant ainsi d'en faire un lieu de promenade confortable également lors des chauds mois d'été.

C'est une réinterprétation du système utilisé sur les maisons arabes. Haute de 45 mètres, elle capture les vents frais d'altitude et les dirige vers sa base pour donner une impression de fraîcheur





Certains bâtiments modernes, voire futuristes, portent des noms un peu inquiétants rappelant le "Brave New World" d'Huxley...






                  "The incubator building"

"The Multi-Use Hall"




        "The Knowledge Center" (my favourite!!)
        Mais pourquoi ont-ils droit aux voitures,  
        eux??

Il n'y a pas encore beaucoup de verdure… (y en aura-t-il jamais?) et les passants se font rares...




Pourtant les cafés et leurs terrasses engageantes sont là!! Tous ne sont pas encore ouverts certes (il y en a pourtant une dizaine). Il y a même un supermarché bio de luxe (encore fermé lui aussi, dommage)




Et à la sortie de la ville, un des plus grands champ de panneaux solaires du monde! Le soleil, ils ne sont pas près d'en manquer!




Ceci entraîne, bien sûr, en conclusion, l'inévitable coucher de soleil : celui-ci, hélas, est pris du hublot de l'avion de retour.



mercredi 20 janvier 2016

Al Ain

Nous voici repartis sur la route, vers le nord, vers Al Ain, à 160 km d'Abu Dhabi centre.

Départ très tôt pour les raisons habituelles (chaleur, circulation) qui nous donne l'occasion de voir un lever de soleil sur la ville.




Mais à quelques kilomètres de notre point de départ, à notre plus grande surprise, brouillard!! Enfin, brume de chaleur peur-être, mais on n'y voit pas grand chose… Nous apprendrons le lendemain par la presse que près de 70 voitures ont été impliquées dans un gigantesque carambolage sur cette même autoroute (après notre passage).





















Quelques dizaines de kilomètres plus loin, une fois le brouillard levé, revoici des dunes! Mais elles ne sont pas vraiment désertes : on y aperçoit, au loin, des bâtiments et il s'agit d'une ferme où on fait l'élevage intensif de poulets. Tout au loin de cette route d'ailleurs se trouve des fermes : élevage et agriculture (sous serres plastique avec arrosage intensif). Nous avons même vu une conserverie. Une sorte de garde-manger de l'Emirat. Mais dans les magasins il faut bien constater que 80% des fruits et légumes sont importés, tout comme les autres produits alimentaires...




Dès l'arrivée, la ville est à la hauteur de sa réputation de ville-jardin : beaucoup de verdure, des rues larges et pas une construction de plus de 5 étages. Ceci sous-entend qu'elle est très étendue, mon plan internet est peu précis… Il va falloir suivrez les "indications touristiques".




Mais nous avons fait tout ce chemin pour voir quelque chose de bien particulier, le marché aux chameaux, le dernier des émirats Arabes Unis. Et ce n'est pas considéré comme un lieu d'intérêt pour les touristes… 
C'est alors que le hasard fait bien les choses : à cette heure matinale, une camionnette transportant des chameaux ne peut se rendre que là où je désire aller. Nous décidons de le suivre, à travers des rues que nous ne connaissons évidemment pas, mais en gros, il va dans ce qui semble être la bonne direction. 




Après de longues dizaines de minutes, nous y sommes!!! Voici le marché aux chameaux! Il y en a de toutes couleurs, et de toutes tailles...







Ici, une mère et son petit de 3 jours. Mieux vaut ne pas trop s'en approcher!




Les infrastructures sont modernes et "fonctionnelles"; tout comme on a essayé de sédentariser les Bédouins, on tente d'imposer des règles d'hygiène à tous et des enclos désignés à chacun. Les acheteurs tournent autour de ces enclos en 4x4 le plus souvent et, de temps à autre, descendent et partent discuter discrètement avec le vendeur.




Se retrouver dans la ville-jardin est une bouffée de "fraîcheur".  Ce n'est pas seulement une ville-jardin, c'est une "ville-contrastes". Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises.











Là, il s'agit bien d'un "lieu touristique" mais c'est tellement beau : le Fort Jahili. Pas très ancien, fin XIXème, mais si photogénique!




Cependant, fidèle à sa réputation, la ville-jardin a réservé un bel espace vert à côté de ce lieu "historique" où le vendredi (jour de marché) les familles peuvent faire un pique-nique, un barbecue, se reposer.




Al Ain et son marché aux chameaux (et pas seulement) valent vraiment le voyage.

dimanche 17 janvier 2016

En route pour les dunes!







Des dunes, j'en ai déjà vu quelques-unes (à Oman entre autres), mais j'avoue être venue à Abu Dhabi pour la partie du Rub Al Khali (plus grande masse de sable au monde dit-on) qui s'y trouve. On appelle la région "the Empty Quarter"








Il fait un temps magnifique, nous partons aux aurores, direction le désert.

Mais que font tous ces camions qui roulent sur une route parallèle à la nôtre?? Moi qui croyait à la grande solitude du désert...










C'est alors que je vois la pancarte "Landfill" - il s'agit d'une décharge à ciel ouvert (c'est beau de comprendre l'anglais, et sans Google translator qui aurait peut-être dit "terre remplie" ce qui n'est d'ailleurs pas complètement faux, bref...) : heureusement, il ne s'agit pas d'ordures ménagères et de sacs plastiques mais de gravats, de centaines de tonnes de gravats qui proviennent des fondations des innombrables buildings qui se construisent...
Pas très glamour pour commencer!




Nous décidons de nous arrêter dans une station service (il faut tout de même faire près de 200 km pour les trouver, ces dunes, et il commence à faire chaud même avec la clim. Et puis des stations-services, à vrai dire il n'y en a qu'une, à mi-chemin).




Et là, c'est la (bonne) surprise : notre voisin de parking a un chargement infiniment plus amusant que les gravats. Il me semble qu'on approche...




Eh oui, un peu plus loin nous croisons 2 de ces animaux trop contents de trouver un peu de verdure pour leur repas! Je n'avais jamais vu de chameau noir, c'est fait.




Et enfin les voilà, à perte de vue... C'est magique. Nous avons pris des dizaines de photos mais je vous les épargne, finalement ça pourrait sembler un peu répétitif, mais en fait, ça ne l'est pas!




Les couleurs, l'éclairage... on ne s'en lasse pas.






Nous restons sur la route cependant car ce n'est pas un Land rover que j'ai loué... Et il y a une route qui serpente (et pas le moindre camion à l'horizon), c'est magnifique!





Au loin, des murs imposants, de la verdure, une oasis? Un fort?






Non, un hôtel de luxe!! Mais comment supporter trois ou quatre cents voisins (200 chambres, quand même) en étant venu si loin?

Si je dois un jour revenir dans ce désert, ce sera pour y faire un safari (avec un guide mais pas avec une vingtaine d'autres voitures...) Le désert, ça se respecte, il faut se laisser envahir par son immensité, son silence, sa beauté.

mercredi 13 janvier 2016

Abu Dhabi : tradition et modernité


Ouf! La Sorbonne existe bien à Abu Dhabi! C'était un de mes alibis pour venir dans ce pays où le bleu du ciel donne dès le matin envie de se lever.  Eh bien, mission accomplie.




Ils ont fait un petit dôme rappelant celui de l'original, mais en fait ce ne sont que quelques bâtiments modernes. Enfin, c'est amusant. Et gratifiant!





Ce qui est plus amusant encore, c'est l'environnement : un nouveau quartier époustouflant a surgi à quelques pas de la presque déjà vénérable institution. Je disais qu'Abu Dhabi semblait plus "raisonnable" que son voisin Dubaï. Que nenni! La Gate Tower (3 tours de 66 étages chacune) est tout simplement sublime. Et à quelques pas de la Sorbonne (qui semble bien modeste à côté)! Pour info, il y a encore des appartements à vendre... 



Voisines de la Gate Tower, deux tours (dont une seule apparaît ci-dessous) : Sun et Sky (respectivement 65 et 74 étages). Et plus loin, ce qu'on appelle déjà "The City of Lights". Je trouve ça d'autant plus sympa que chaque quartier d'Abu Dhabi (ou presque) étant construit sur une île différente, la mer est omniprésente. De ces tours, ont a des vues à couper le souffle!




Passons à une autre merveille. L'an dernier, j'avais vu (et photographié rapidement, et de l'extérieur) la Grande Mosquée. Cette fois, j'y suis retournée et je l'ai visitée (car elle se visite). C'est le royaume des superlatifs. Plus grande structure en marbre construite à ce jour. Il a fallu 12 ans pour la construire (1995-2007)!




80 dômes et 4 minarets de plus de 100 mètres de haut (2ème étage de la Tour Eiffel), plus de 1000 colonnes extérieures...




C'est absolument magnifique! Et l'intérieur est lui aussi grandiose!












Chandeliers plaqué or 24 carats ornés de cristaux de Swarovski...









Le plus grand tapis persan (plus de 7000 m2 !!) tissé à la main...

Ce monument inspire un profond respect, et son observation attentive m'a rappelé la rencontre entre Aziz et Mrs Moore dans une mosquée (plus petite mais très belle, elle aussi) au début du roman d'E.M. Forster, A Passage to India.
Il ne faut pas seulement faire une visite-éclair à Abu Dhabi, il faut y séjourner assez longtemps pour apprendre à l'aimer.

dimanche 10 janvier 2016

Abu Dhabi : il était une fois ... au pays des mirages

Ce blog est assez intermittent. Je fais partie de ceux qui croit que seules des choses fortes ou un peu "différentes", ont un quelconque intérêt pour soi au point de vouloir partager avec les autres... Qu'importe!

Me voici donc partie pour Abu Dhabi en ce mois de janvier 2016 - destination contestable que l'on pourrait discuter à l'envi mais nous n'en ferons rien; il y fait beau, ce n'est pas cher et on y est fort bien accueilli. Et puis je suis restée frustrée de n'y avoir passé qu'une journée l'an dernier.
Je me suis quand même trouvé une bonne raison tout d'abord : aller voir le Louvre et la Sorbonne. Je me suis pour l'instant contentée du premier.
Vu de Paris et sur internet, c'est superbe...  On rêve de voir le soleil filtrer à travers ce dôme sur des oeuvres universelles et rares.




La réalité est hélas plus cruelle : j'ai réussi non sans mal et non sans braver quelques interdits à me faufiler sur le chantier jusqu'à ce qu'un garde peu aimable me dise qu'il n'était pas possible d'aller plus loin... Et voilà!




Le temps n'est pas encore venu de voir les oeuvres qui y seront un jour présentées.

Mais en chemin, sur cette île de Saadiyat qui possède une des plus belles plages d'Abu Dhabi (ça c'est vrai, mais elle est payante et chère, plus de 30 euros pour 2 en semaine, plus de 40 le weekend, alors quand on en a déjà vu beaucoup...) et se veut en même temps le "centre culturel" de la ville, une curieuse construction attire mon attention. C'est là encore au milieu d'un chantier. Il s'agit du pavillon des Emirats Arabes Unis à l'expo universelle de Shangaï 2010!!  Oui, oui, ils l'ont démonté et transporté ici pour en faire un lieu de manifestations culturelles!! Sa forme est supposée évoquer les dunes de sable. C'est étonnant.


Abu Dhabi 2016
Shangaï 2010


Il est un autre projet pharaonique dont on voit partout en ville des indications "Presidential Palace" ce qui semble déjà en soi suspect le pays étant dirigé par un émir. Mais après m'être renseignée et avoir vu sur la toile qu'il devait s'agir du plus grand palais présidentiel du monde (photos à l'appui), j'ai voulu voir ce que les images virtuelles cachaient...
Voici ce que sera (peut-être) le "palais présidentiel" sur internet,

 


et voilà ce que j'ai vu : l'Emirates Palace Hôtel, une sorte de "brouillon" du précédent et même pas vraiment de chantier à côté : on «réoriente les investissements» comme on dit pudiquement ici...







Mais il y a quand même des choses folles, comme on les aime : le siège social de la société Aldar (promoteurs immobiliers). L'ayant là encore vu sur internet en préparant mon voyage, je pensais que c'était quand même trop... Eh bien non, ça existe!!! Etant donné que ce sont des bureaux, on ne peut pas visiter, quel dommage!




Et puis il y a aussi le Yas Viceroy,  hôtel construit en partie sur le circuit du Grand Prix et en partie sur Yas marina.








Et dans Yas maruina, il y a les bateaux assortis...

Mais repartons vers le centre ville et son nouvel ensemble architectural marquant : les Etihad Towers (5 tours d'environ 80 étages et de forme originale - attention, une tour peut en cacher une autre! Ce sont des appartement, des bureaux et un hôtel. A voir.





Même réflexion que celle que j'avais faite l'an dernier : oui, il y a des tours mais il n'y a pas de compétition en termes de gigantisme, de nombreuses rues ne donnent pas l'impression de "canyons" écrasants, il y a de la verdure et pour ne citer qu'elle, la "corniche" en bord de plage (publique) est dégagée et agréable.




Bon, il nous reste à tenter de découvrir la Sorbonne puis à partir dans les dunes de sable qui ont inspiré le pavillon des EAU à Shangaï. Quel plaisir de vivre "en été"!