lundi 29 septembre 2014

Gibraltar

Au fil de la route qui longe la mer sur la côte sud de l'Espagne, on est frappé par la proximité des côtes marocaines. Le détroit de Gibraltar n'est pas large (moins de 15 kilomètres, la moitié du détroit du Pas-de-Calais).




Et c'est alors qu'apparaît le rocher tant convoité...
Enclave britannique (depuis 1704) en terre ibérique, Gibraltar est âprement revendiqué par l'Espagne. En tant qu'anglophile anglophone, je ne pouvais l'ignorer quelles que soient les entraves mises sur mon chemin. Je m'attendais au pire à la frontière (des heures d'attente et des tracasseries douanières) mais en fait, en dehors d'une sorte de "chicane" obligeant à prendre l'unique route d'entrée 2 ronds-points plus loin sans indicationn claire (en gros, un petit quart d'heure d'errance), aucun problème.




J'ai choisi un grand classique, le Rock Hôtel. Cet hôtel, construit en 1932, a vu passer Winston Churchill, Errol Flynn et John Lennon, pour ne citer que quelques-uns des illustres hôtes. En accédant à son modeste balcon, on comprend vite pourquoi on y séjourne avec plaisir.












Le coucher de soleil (ça fait plaisir de voir à nouveau des couleurs qui rappellent tant de bons souvenirs) est à la hauteur du décor général. On raconte qu'il ne faut rien laisser sur son balcon, surtout pas le moindre relief de repas car les singes ne sont pas loin… Bien que l'hôtel soit construit entre le jardin botanique et le rocher lui-même, je n'y crois pas beaucoup.

Quelle n'est donc pas ma surprise le lendemain matin de voir deux invités attendre, réclamer presque, quelques friandises… Mais il est interdit d'attirer ceux que certains considèrent comme des intrus sous peine de forte amende et de plus, un "typical English breakfast" m'attend à la salle à manger dont je ne pense pas que nos amis les singes l'aient apprécié à sa juste valeur…




Un téléphérique mène des quartiers pris sur la mer au sommet du rocher en quelques minutes et c'est vraiment magnifique.







Et là, ce n'est pas une surprise, les singes sont nombreux et toutes les générations sont représentées . Il ne sont pas franchement apprivoisés mais ne craignent pas les visiteurs. La curiosité et la gourmandise l'emportent!






Dans le "centre ville" je retrouve (enfin) une architecture typiquement britannique. Il est même tombé quelques gouttes de pluie pour faire couleur locale.




Ronds points verdoyants, pubs traditionnels, je ne suis pas dépaysée.




Et après la tentation de l'English breakfast au Rock Hôtel, je ne résiste pas au "fish and chips" du Trafalgar. Il paraît même que la "bitter" est bonne. Moi, je n'y ai pas goûté, j'en suis resté au "gin and tonic" suivi d'un verre de vin blanc.




Ah, l'Angleterre au soleil… ce n'est pas seulement un rêve!

vendredi 26 septembre 2014

L'Algarve, côte Est

N'étant guère satisfaite de l'Algarve touristique et bétonnée (en dépit des belles plages qu'elle offre à ses trop nombreux touristes),  je suis partie vers l'Est, vers la frontière espagnole. Toute la côte ou presque est protégée par une lagune, cordon littoral qui la sépare du "large". Elle ne présente donc pas, en bord de route, de plage de sable. Il faut prendre un bateau, mais cela en vaut vraiment la peine.

Avant de nous aventurer en mer, nous visitons deux villes au bord de ladite lagune. 
Olhao est un vrai village de pêcheurs. Même si son marché est récent, c'est un authentique marché (poisson surtout, fruits et légumes locaux) et les petites terrasses installées à l'extérieur ne sont pas exclusivement fréquentées par les touristes. Ils y sont même assez rares.






Les casiers et les filets sur les quais montrent que l'activité de pêche n'est pas du folklore.




La deuxième petite ville s'appelle Tavira  et s'étale nonchalamment le long de la lagune.




Certes, le marché a été transformé en lieu de détente mais le moins qu'on puisse dire est qu'il n'est pas envahi de visiteurs et qu'un peu d'ombre est bienvenue…




Quant au petit restaurant que j'ai fini par choisir, la déco y est sans doute kitsch mais le patron y fait lui-même la cuisine, une cuisine de pays délicieuse. Il faut attendre un peu pour que les plats soient servis par son épouse, mais avec un verre de "vinho verde", quelques olives, un petit pâté de thon et un petit fromage de chèvre local, le temps passe très vite.




De retour à Faro pour  prendre le "ferry" local, le paysage confirme le contraste entre la côte naturelle et "historique"...






… et la côte intensivement urbanisé.





Il a fallu attendre 1987 pour que les 60 kilomètres de lagune et son écosystème soient classés parc naturel et protégés. Le paysage change au gré des marées, couvrant ou découvrant les fonds.







Et au bout de 45 minutes (eh oui, ça se mérite) on atteint des bancs de sable déserts et sauvages…




… ou presque. Celui-ci s'appelle de façon peu originale "Ilha Deserta" mais c'est superbe. Il n'y a que 3 ou 4 "ferries" par jour mais bien sûr en prenant le premier (il est à 10h30, c'est raisonnable) on est vraiment récompensé!




Pour être franche, je n'ai pas exploré la côte plus loin, pourquoi l'aurais-je fait?

lundi 22 septembre 2014

L'Algarve, côte Ouest

L'Algarve est le lieu mythique du touriste moyen qui n'est jamais sorti d'Europe… Je dis ça sans aucune condescendance et suis ravie de séjourner à Faro pour en juger sur pièce. Je ne connais pas et y vais sans préjugés.
Je décide de faire d'en faire ma base d'excursions. 
C'est une petite ville dont le coeur garde encore la marque du passage des Maures (XIème siècle)





Mais ce sont aussi les hôtels, fussent-ils de taille modeste, au charme "traditionnel" attendu par le touriste à la recherche du soleil (moi la première)




Le côté glamour cependant en cache bien d'autres. Au coin de la rue, des dizaines de serres (où poussent les fruits dont nous nous régalons) montrent la qualité artisanale de l'exploitation.




Faro, c'est avant tout un petit port de plaisance aux modestes embarcations, des jardins florissants où les hibiscus sont des arbres (et non pas ces décoratives plantes d'intérieur de nos latitudes) et une géographie lagunaire bien particulière qui ne lui laisse une ouverture sur la mer que temporaire… La lagune a protégé la ville du tourisme extensif et toute la côte à l'est de Faro est protégée par ces terres inondables devenues Parc Naturel et, par conséquent interdites d'urbanisation sauvage.










Mais commençons par la côte située à l'ouest de Faro, la plus connue.
Nous sommes là loin des routes de campagne, tout est artificiel, tiré au cordeau, propre et insipide.





A Vilamoura, plus grande marina de la côte, ce ne sont plus des petits bateaux de promenade mais des yatchs raisonnablement grands au pieds d'immeubles paraît-il très confortables. Je n'ai pas essayé mais ne le regrette pas franchement.




Dans la petite ville voisine, Albufeira, il est certes encore possible de trouver ces églises blanchies à la chaux si photogéniques sur fond de ciel bleu.




Mais on va à Albufeira surtout pour sa plage : Si d'un côté elle semble sympathique à défaut d'être déserte, de l'autre elle rappelle furieusement les coins les plus fréquentés de la Côte d'Azur…







Heureusement, avec un peu d'indépendance de caractère et le goût des choses plus vraies, on peut encore trouver, au bout d'une route tortueuse bordée d'oliviers, le petit restau sympa où on goûtera dans le calme et avec le plus grand plaisir jambon, fromage et vin de pays.










Qui a dit que la côte était bétonnée et qu'on ne trouvait plus que des restaurants alignés les uns à côté des autres offrant une nourriture internationale insipide?

jeudi 18 septembre 2014

De bonnes raisons d'aller à Porto

On ne va certes pas à Porto pour la sécheresse de son climat : C'est une région du Portugal relativement humide qui reçoit plus de précipitations que les autres en raison de sa proximité de l'océan et de ses températures à l'amplitude faible et jamais caniculaires.

On peut y aller bien sûr, pour apprendre à mieux connaître le porto. La visite d'une cave s'impose. Ce n'est pas cher, on a le choix (on est mieux reçu dans les moins "connues") et la dégustation est gratuite. 




A l'époque où les Anglais se mirent à exploiter le filon, à la fin du XVIIIème siècle, l'exportation se faisait par le fleuve Douro qui traverse la ville. Et, bien sûr, les bateaux, surtout chargés de fûts de Porto, je ne résiste pas…




Il n'y a pas qu'un pont qui traverse le Douro mais à coup sûr le pont Luís I est le plus pratique pour aller du centre ville à Vila Nova de Gaia où sont les caves. Il fut construit entre 1881 et 1886 par l'ingénieur Théophile Seyrig, disciple de Gustave Eiffel, avec qui il avait travaillé pour la conception du pont Maria Pia (qui lui ressemble comme un frère et qu'on aperçoit derrière)










La ridicule mode des "cadenas d'amour" a envahi le lieu mais la structure devrait mieux résister que le Pont des Arts à Paris… Alors qu'on se le dise pour sceller un amour éternel!!




C'est donc pour la variété et la qualité de son architecture (je devrais dire de ses architectures) qu'on va à Porto.

Commençons par le plus "voyant" : l'église des Clercs de style baroque (fallait-il le préciser?) construite au XVIIIème siècle et dont la tour reste à ce jour le plus haut clocher du Portugal.




Sa voisine l'église des Carmes n'est pas en reste. Et il arrive aussi qu'il fasse très beau à Porto.




La Camara Municipal (mairie) date de 1920 et tout le quartier situé derrière la gare de Sao Bento sont un hymne à l'Art Déco




Il reste enfin Cais Da Ribeira, ancien quartier des pêcheurs qui, si on ne craint pas l'exploitation touristique intensive, garde un certain cachet.




Mais s'il est deux bonnes raisons d'aller à Porto, les voici :

la librairie Lello, un chef d'oeuvre hélas trop connu des tours opérators et des touristes qui ne fréquentent jamais en temps normal une librairie, une vraie. Mais même assaillie, il est des moments de grâce où on peut vraiment en sentir l'âme.








La photo nest pas de moi, il est, en principe, interdit de faire des photos à l'intérieur… Mais c'est beau, très beau.



le "Galeria de Paris" (au 56 de la rue du même nom), royaume du kitsch, du vinage, des sixties, que sais-je encore? On y va moins pour la "gastronomie" (mais à 6€ par personne, vin et café compris, peut-on faire le délicat?) que pour la déco.









J'ai aimé d'autant plus que les touristes s'y égarent encore peu. Et je n'y ai finalement pas si mal mangé...