dimanche 31 août 2014

En route vers les îles Moffen

Et tandis que le soleil ne se couche jamais (il n'y a pas de coucher de soleil à attendre…), les paysages changent ...




On passe de blocs de glace presque dignes du Titanic...









… à des lichens formant à cette saison une sorte de tapis de verdure à la limite duquel une cabane de trappeur se dresse. De nos jours il ne s'agit plus de chasseurs mais de gardes préservant la faune et la flore.


En arrivant au nord de la grande île de Spitzberg apparaissent de surprenants paysages plats , les îles Moffen, totalement inhabitées…





Enfin, quand je dis inhabitées, c'est sans compter sur les ours (on est venus pour ça)! Eh oui, notre premier ours polaire n'est pas sur un banc de glace mais sur une terre aride et caillouteuse…




Et il n'est pas seul sur cette langue de terre, il délaisse un groupe de morses : surprenant, pour un prédateur situé au sommet de la chaîne alimentaire! En fait, il ne s'attaquera aux morses que s'il est vraiment affamé car ils ont la peau dure, au sens propre du terme… et apparemment il n'a plus faim!




Les morses, eux, ont sans doute trop chaud et décident de se baigner. Aucun de ces animaux ne fait un effort pour poser… ce n'est pas un zoo, ce ne sont pas des animaux de cirque… Bon, tant pis, ils sont tellement beau dans leur cadre naturel.




Et ce phoque fait du genre sur un glaçon là où l'ours aurait dû poser… Enfin, si l'ours avait été là, il n'y aurait plus de phoque…
Bref, n'hésitons pas à le redire : la nature nous réserve bien des surprises.




Nous approchons du vrai pôle (environ 400 kms) et il fait toujours beau. L'anticyclone se serait-il trompé de route?

jeudi 28 août 2014

Glaciers et moraines

Jusqu'à présent, ma spécialité, c'était plutôt couchers de soleil, rhum punch et cocotiers…
Ici, j'ai bien les "glaçons" mais le soleil ne se couche jamais, quant à la boisson nationale, ce serait plutôt vodka nature… Enfin, je m'adapte.




Pour ce qui est des glaciers, alors là, je n'y connaissais rien! Mais l'équipe scientifique du bord nous a redonné quelques points de repère. Tout le monde sait qu'un glacier est une masse de glace formée par le tassement  de couches de neige accumulées; l'intérêt de ceux du Spitzberg, c'est qu'ils sont situés au niveau de la mer (et pas à 2000 mètres d'altitude).









Et de temps en temps, bien sûr, des pans de glace se détachent et tombent dans la mer : un spectacle dont on ne se lasse pas.




Le MS Fram s'ancre au fond du fjord et c'est en gros zodiac que nous débarquons sur une moraine (il s'agit tout simplement des matériaux variés transportés et déposés par le glacier lors de sa fonte) pour voir ça de plus près.




Détail non négligeable : nous sommes accompagnés à terre par des gardes armé(e)s qui sécurisent le terrain en se postant à divers postes d'observation au cas où… un ours serait dérangé par notre visite et se montrerait agressif. Et pourtant l'ours, nous, on aimerait bien le voir!




En attendant, on propose à ceux qui le veulent de se baigner… La plage est belle, mais l'eau un peu froide pour moi (même avec couverture et shot de vodka en sortant…)




Après la Baie de la Madeleine, nous voici repartis vers le nord, le long de superbes rivages.












Cette fois, il s'agit d'aller voir un autre glacier appelé Monaco, au fond du Woodfjord.







Qui a dit qu'il avait fait mauvais au mois d'août?

dimanche 24 août 2014

Croisière polaire : premiers milles


Mais où est cet archipel des Svalbard? Très au nord de la Norvège (à près de 3 h de vol d'Oslo), et l'Islande apparaît comme méridionale… Nous sommes face au nord du Groenland!




Notre but et de nous approcher au plus près du pôle nord géographique et pour cela, seul un bateau nous permettra d'aller jusqu'à la banquise. La compagnie norvégienne Hurtigruten permet, en été, de faire cette croisière dite "d'exploration".




Mais avant que la croisière ne s'amuse, il faut passer par les exercices de sécurité : toutes les éventualité sont envisagées dans ces eaux glacées où la durée de vie de l'homme à la mer est très brève…




Enfin, le MS Fram appareille et les paysages de carte postale commencent à défiler sous nos yeux.




Première escale : la station scientifique de Ny Ålesund. Nous sommes au-delà du 78ème degré nord mais il ne fait pas si froid que cela : environ +5°C…




Ny Ålesund, localité la plus au nord du monde, naquit en 1916 comme en témoigne encore l'une des premières maisons, si austère pour lutter contre les rigueurs des longs mois d'hiver.




Ce chemin de fer  est lui aussi un souvenir du patrimoine minier de la région.




La population de "l'agglomération" ne s'élève guère qu'à une centaine d'habitants, majoritairement membres de la communauté scientifique.




La France, l'Angleterre, l'Allemagne, le Japon, entre autres, y sont représentés. La Chine y trouve même moyen de s'y singulariser sur le plan décoratif!




Comme partout au Spitzberg, l'ours polaire se rappelle à notre souvenir…




Dès que nous quittons la terre, les premiers "glaçons" nous entourent, le plafond est bas, mais nous poursuivons notre avancée vers le nord.

jeudi 21 août 2014

Voyage au pôle nord...

Tout commence, comme pour un voyage ordinaire, par un aéroport (celui d'Oslo) sous le soleil et c'est encourageant. A Paris, il faisait gris au départ.



Mais après quelques heures de vol au delà du nord de la Norvège, arrivés au dessus de l'archipel des  Svalbard, l'île de Spitzberg  apparaît avec ses sommets enneigés. Impressionnant début août!




Ce sentiment d'étonnement se renforce encore lorsque je vois ce gigantesque glacier descendre vers la mer…



Mais à l'arrivée sur Longyearbyen, capitale de l'archipel, l'impression est encore différente : la neige et les glaciers semblent avoir reculé pour laisser la place à une sorte de campement aux cabanes de bois. Le dépaysement commence...




… et ce n'est pas l'ours naturalisé veillant sur le tapis à bagages de l'aéroport local qui me démentit!





Nous voci donc à Longyeabyen, hébergés dans le plus ancien hôtel de l'île construit en 1947 pour accueillir chercheurs, explorateurs et exploitants de la concession minière qui favorise le développement de la "ville".




L'endroit est très chaleureux et accueillant; on imagine aisément qu'on puisse s'y sentir bien, même durant la nuit polaire.




Mais là encore, il est des détails qui ne trompent pas : un ours polaire en céramique veille sur ma tasse de thé…




Il est à présent temps de sortir faire un tour "en ville" et même si la neige n'est pas là, tout y fait penser, comme ces parkings à motoneiges , moyen de transport habituel ici. Il y en a des quantités!




Le seul monument de la ville est son église de bois elle aussi, dans la plus pure tradition scandinave.



Le petit cimetière à flanc de (haute) colline est pour le moins simple et rustique. Nombreux sont ceux qui n'ont pas eu le privilège d'être ramenés et enterrés "en ville"…




Qui dit ville, et qui plus est capitale, dit centre commercial!! Et il y en a un à Longyearbyen, coloré et chauffé, ce qui le rend sympathique.




Mais sur la porte coulissante se trouve un panneau inhabituel sous nos latitudes : "No Guns Allowed". Nous ne sommes pas au Far West mais il faut déposer son fusil avant d'entrer dans le centre commercial.




Car ici, un fusil, toute personne sortant du périmètre du campement en porte un. Les ours, il y en a 3000 sur ces îles (autant que d'habitants) et ce ne sont pas des animaux apprivoisés. Alors tout confirme que nous avons quitté les terres colonisées par l'homme et que nous entrons "au royaume de l'ours polaire"!

lundi 4 août 2014

White Tigers I Have Known

Il est un endroit, à 250 kms de Paris, où pendant quelques heures le dépaysement est total. Il s'agit du parc animalier de La Flèche dans la Sarthe. Des parcs animaliers, il en existe des dizaines en France et ailleurs mais celui-ci a un "atout caché"…

A l'arrivée, des allées serpentent dans une végétation généreuse à défaut d'être franchement tropicale.




Tous les animaux qu'on rêve de côtoyer sans pouvoir le faire sont là : éléphants, girafes, hippopotames, ocelots, et bien d'autres, se baladent en quasi-liberté.













Mais j'ai parlé d'un atout caché : il s'agit de la possibilité de réserver un lodge pour passer la nuit au plus près des tigres blancs…




Mon choix s'est porté sur le Sumatra Lodge et l'illusion est totale.




L'intérieur est magiquement exotique…




… et les gigantesques baies vitrées donnent sur le parc des tigres blancs…




C'est incroyable car, dès l'arrivée, ils sont là… Certes, totalement indifférents à notre présence, mais c'est bien là que réside la magie…




Nos amis (ils sont deux) vont, viennent, jouent et gambadent librement sous nos yeux de gamins émerveillés…




Ils ne sont ni farouches, ni cependant apprivoisés, ils sont là, c'est tout et c'est extraordinaire.




Me viennent à l'idée les vers de William Blake :

Tyger! Tyger! burning bright
In the forests of the night
What immortal hand or eye
Dare frame thy fearful symmetry…

Je vous entends d'ici : quoi? des animaux en captivité pour se plier aux caprices des hommes…
Je réponds : au moins ils sont en sécurité et ne risquent pas d'être tués par des braconniers peu scrupuleux ou pire encore par des chasseurs par pur plaisir et vanité.
Dans ce parc, les animaux sont respectés, les enfants apprennent à les aimer et un jour s'élèveront peut-être contre les inadmissibles massacres encore perpétrés dans l'indifférence quasi-générale.